“Le Venezuela est en crise à cause de la baisse des prix du pétrole”

Je n’avais pas prévu de reparler de la présidentielle à nouveau. Le fait est que certains concours de circonstances m’y obligent un peu. La montée de Jean-Luc Mélenchon dans les sondages et le possible retrait de Benoit Hamon en sa faveur poussent la France au bord du précipice.

J’avais déjà expliqué dans un précédent article en quoi le chiffrage du programme de Mélenchon était un énorme flan caramel. Ce n’est donc pas sur le chiffrage que je m’attarderai ici mais sur un argument qui revient régulièrement dans la défense des « Insoumis ».

Lorsque des gens sensés évoquent le programme de ce dernier, ils rappellent à notre bolchévique gaulois le désastre humanitaire que constitue la situation au Venezuela, pays cher au cœur de JLM. La réponse souvent rétorquée par ses soutiens, quand elle ne se fonde pas sur le complot étasunien, (rappelons à toutes fins utiles que les Etats-Unis sont le premier partenaire économique du Venezuela) est la suivante : « si le Venezuela est en crise c’est parce que son économie est basée sur le pétrole et que les prix du baril ont chuté ».

C’est vrai, la crise serait peut-être (et je dis bien peut-être) moins rude si le baril se vendait à $100 mais c’est oublier pourquoi le Venezuela en est arrivé à cette situation extrême où plus de 90% de ses exportations sont dépendantes des exportations d’or noir.

Au début des années 2000, Chavez lance le plan Zamora qui vise à redistribuer les terres possédées par le gouvernement vers les agriculteurs et les terrains privés jugées « inutiles » par Chavez. A titre d’exemple, un golf rentrait dans la classification de terrains « inutiles ». Fin 2009, 4 millions d’hectares avaient été redistribués.

Dans le même temps, alors que le Venezuela avait autorisé à partir de 1995, l’exploration et l’activité de compagnies pétrolières privées aux côtés de la PDVSA (société nationale pétrolière du Venezuela), Chavez fait marche arrière et re-nationalise tout le secteur pétrolier.

Avant l’arrivée de Chavez, le Venezuela n’était déjà pas un modèle d’économie de marché. En 1975, le secteur pétrolier avait déjà été nationalisé, néanmoins, les acteurs privés avaient été compensés grâce aux importantes réserves de change du pays liées à la forte hausse des prix du baril. Ce ne sera pas le cas 25 ans plus tard.

Ces deux nationalisations massives provoquent donc une fuite des capitaux étrangers qui face à l’insécurité grandissante de leurs droits de propriété préfèrent ne plus investir au Venezuela. Il en va de même des entrepreneurs vénézuéliens, l’Etat leur envoie un signal qu’il peut tout saisir à tout moment pour le « redistribuer ».

Ce qui devait arriver arriva, les investissements chutèrent massivement. Alors que l’investissement comptait pour 32% du PIB en 1998, à l’arrivée de Chavez, il ne représentait plus que 15% en 2004 (FMI). A quoi cela sert-il d’investir et d’entreprendre lorsque l’Etat peut tout vous prendre ?

Le Venezuela s’est donc retrouvé dans une situation où il ne pouvait plus compter que sur le pétrole pour assurer sa survie. Fort heureusement, au cours des années 2000, la demande mondiale explose du fait de la croissance champignon de la Chine et de l’Inde et le monde n’a pas encore connu la révolution du pétrole de schiste. Les prix du pétrole augmentent donc très fortement ce qui vient compenser le fait que l’économie du Venezuela, hors secteur pétrolier, est déjà en train de péricliter.

En expropriant les entreprises et ses propres citoyens Chavez a planté les germes de la situation désastreuse dans laquelle son pays se retrouve aujourd’hui. Ses redistributions n’étaient permises que par des prix du pétrole au plafond, chose qui au vu de la révolution du pétrole de schiste et du ralentissement de la croissance chinoise est peu probable d’arriver dans un avenir proche.

Un Etat qui bafoue les droits de propriété ne peut s’attendre qu’à un ralentissement de son économie car il pousse les individus à ne pas investir. A quoi bon s’échiner à construire une usine si l’Etat peut me la saisir du jour au lendemain. Sans investissement, c’est la production qui s’arrête et la pauvreté qui s’installe.

Lorsque Mélenchon veut appliquer le même programme que son ami sanguinaire, Hugo Chavez, il ne peut s’exposer qu’aux mêmes conséquences : baisse de l’investissement et pauvreté. Emmanuel Macron affirmait « la taxe à 75% c’est Cuba sans le soleil », aujourd’hui je dirais « Mélenchon, c’est le Venezuela sans le pétrole ». Je vous laisse imaginer l’ampleur de la catastrophe.

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